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1 PRÉSENTATIONHypnose, état de conscience particulier, provoqué par différentes techniques fondées, entre autres, sur la suggestion et la relaxation, au cours duquel le sujet concentre son attention sur ses propres sensations et sur son vécu. Elle peut être provoquée par différentes méthodes et est parfois utilisée lors de traitements médicaux ou psychiatriques. Dans la plupart des cas, l'hypnose est provoquée par un hypnotiseur, qui focalise l'attention du sujet sur un objet particulier (pendule, yeux de l'opérateur, etc.) et lui parle de façon répétitive et monotone. Les paroles suggèrent en général l'endormissement ou la relaxation musculaire. L'hypnose peut également être provoquée sur soi-même par la maîtrise de la relaxation, la concentration sur sa propre respiration, mais aussi par une grande variété de pratiques et de rituels propres à de nombreux systèmes religieux, philosophiques et mystiques. 2 CARACTÉRISTIQUESL'hypnose est un passage graduel vers un état de conscience complètement différent de l'éveil et du sommeil, pendant lequel l'attention est détachée du monde extérieur pour se concentrer sur des impressions physiologiques, sensorielles et mentales. Lorsque l'hypnotiseur provoque la transe, il se crée une relation très étroite entre l'opérateur et le sujet. La réponse du sujet à un état de transe et son comportement sont le fruit de ses motivations. La plupart des gens sont faciles à hypnotiser, mais leur degré de transe varie d'un état superficiel proche de l'éveil à un état profond comparable au somnambulisme. Une hypnose profonde se caractérise par l'oubli des événements vécus au cours de la transe et par l'aptitude à répondre automatiquement aux suggestions peu génératrices d'anxiété. L'intensité maximale de la transe est à peu près égale d'un sujet à l'autre. Elle dépend de l'état émotionnel du sujet et de l'habileté de l'hypnotiseur, mais seuls 20 p. 100 des sujets sont capables d'entrer dans un état de somnambulisme par les techniques habituelles d'hypnose. Médicalement, cette transe profonde n'a que peu d'intérêt puisque les effets thérapeutiques recherchés s'expriment déjà lors d'une transe superficielle. L'hypnose permet d'établir un contact plus étroit avec sa propre vie émotionnelle en abolissant les refoulements, libérant ainsi les conflits et les peurs cachés. Toutefois, les études menées ces dernières années sur les souvenirs induits par l'hypnose ont surtout démontré l'incertitude de leur fiabilité. Revivre, grâce à l'hypnose, des souvenirs anciens et oubliés mène parfois à une confusion avec les fantasmes présents. 3 USAGES MÉDICAUXL'hypnose est utilisée pour traiter un certain nombre de problèmes comportementaux et physiologiques. Elle peut atténuer des douleurs dorsales ou celles résultant de brûlures ou d'un cancer. Des obstétriciens s'en sont servis comme analgésique lors d'accouchements dirigés. Elle sert parfois aussi au traitement de problèmes physiques comportant un élément psychologique potentiel, comme la maladie de Raynaud (une maladie circulatoire) et l'incontinence chez les enfants. Des chercheurs ont démontré que les effets de l'hypnose sont plus bénéfiques que ceux d'un placebo et proviennent probablement du détournement de l'attention. Cependant, peu de médecins incluent cette technique dans leur pratique quotidienne, certainement par manque d’information et de formation. Certaines affections du comportement, telles que le tabagisme, la boulimie et l'insomnie, trouvent une aide et parfois une solution grâce à l'hypnose. Néanmoins, la majorité des psychiatres pensent qu'une maladie purement psychiatrique se traite mieux lorsque le patient se trouve dans un état de conscience normal. Les troubles mentaux1 PRESENTATIONLes maladies mentales qui englobent la névrose, la psychose légère et la dépression, et qui se manifestent par des comportements spécifiques. En général, un trouble mental provoque une détresse ou une déficience dans d'importants domaines du fonctionnement psychique. De tels problèmes de la pensée, des sentiments et du comportement ont été identifiés à toutes les périodes de l'histoire et dans toutes les cultures. Durant une longue période de l'histoire, les déviations mentales ont été considérées comme surnaturelles ou contre nature, œuvres d'esprits maléfiques ou de la dépravation humaine. Cependant, après des débuts timides aux XVIe et XVIIe siècles, l'aliénisme, qui devait donner naissance à la psychiatrie, acquit une certaine respectabilité dans les années 1790. À cette époque, Philippe Pinel, médecin parisien, abolit les contraintes physiques qui étaient imposées aux malades mentaux, introduisit le traitement moral (psychologique) et commença des études cliniques. Par la suite, le travail clinique mené sur de grandes populations de patients dans les institutions réservées aux malades mentaux permit de dégager les principaux types de troubles mentaux et de développer des méthodes thérapeutiques. 2 CLASSIFICATIONLa répartition des troubles mentaux en différentes catégories varie d'un pays à l'autre. Pour les recensements officiels, la plupart des pays suivent la classification internationale des maladies de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans la plupart des systèmes de classification, les troubles de l'enfance (qui incluent notamment la déficience mentale) constituent une catégorie distincte. Presque tous distinguent les troubles d'origine organique — états ayant une cause somatique et se rapportant au corps ou à l'état physique du cerveau — et ceux qui tiennent à des causes non organiques (appelées également « fonctionnelles »). On distingue aussi généralement les troubles psychotiques des troubles névrotiques. « Psychotique » qualifie un état dans lequel le patient a perdu contact avec la réalité, alors que « névrotique » désigne un état de déficience relativement moindre. La schizophrénie, quantité de troubles mentaux organiques et certaines formes de dépression (comme la psychose maniaco-dépressive) sont des états psychotiques. Les exemples de névroses montrent que l'angoisse en est le symptôme principal, au même titre que l'hypocondrie (préoccupation excessive du sujet pour sa santé) et le phénomène moins courant de personnalité multiple. 3 TROUBLES DE L'ENFANCELes troubles mentaux graves se manifestent dans la petite enfance, dans l'enfance et à l'adolescence. La déficience mentale se définit par l'incapacité à apprendre normalement et à acquérir l'indépendance et le sens de la responsabilité qu'ont les autres au même âge et dans la même culture. Les troubles d'hyperactivité de l'enfant impliquent une capacité d'attention déficitaire, une impulsivité qui font que l'enfant a des difficultés à organiser son travail et à le terminer, à se tenir à une tâche ou à suivre des instructions et qu'il est excessivement turbulent. Les troubles émotionnels regroupés sous le nom d'anxiété se manifestent par la crainte de quitter la maison et les parents (séparation), par une extrême réticence aux contacts avec les étrangers (évitement) et par un état de non quiétude et un sentiment inexplicable de crainte. Les troubles du développement graves se caractérisent par une altération de plusieurs fonctions psychologiques comme l'attention, la perception, l'activité mentale et la motricité. L'autisme infantile en est un exemple, marqué par la rupture avec la réalité et l'absence de contacts avec autrui. Parmi les autres troubles mentaux de l'enfance figurent ceux qui impliquent des problèmes comportementaux, à savoir la boulimie, l'anorexie, les tics, le bégaiement et d'autres troubles de la parole, ainsi que l'énurésie. 4 TROUBLES MENTAUX ORGANIQUESCette catégorie de troubles désigne des anomalies psychiques ou comportementales liées à des déficits transitoires ou permanents d'une fonction cérébrale. Les troubles se manifestent par différents symptômes qui dépendent de la zone du cerveau affectée et de la cause, de l'évolution et de la durée du trouble. Une altération organique du cerveau peut résulter d'une maladie ou d'une drogue qui portent directement atteinte au cerveau ou d'une maladie qui affecte indirectement le cerveau par ses effets sur les autres systèmes somatiques. Les symptômes qui sont liés aux affections organiques du cerveau peuvent être une conséquence directe de l'altération organique ou de la réaction du patient à la perte de ses capacités mentales. Certains troubles ont pour trait caractéristique l'état de conscience nommé délire, qui se traduit par des difficultés à soutenir l'attention, par la défaillance de la perception sensorielle et par une pensée confuse. Un autre symptôme courant, particulièrement dans les troubles mentaux comme ceux de la maladie d'Alzheimer, est la démence. Celle-ci est caractérisée par un déficit de la mémoire, de la pensée, de la perception, du jugement et de l'attention, qui conduit à la dégradation notable du fonctionnement social et professionnel du sujet. La démence sénile est liée au grand âge. Les troubles mentaux organiques se manifestent souvent par l'apathie croissante, l'euphorie ou l'irritabilité. 5 SCHIZOPHRÉNIELa schizophrénie désigne un ensemble de troubles graves, apparaissant souvent à l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Elle affecte gravement la pensée, la perception, la vie affective (voir Émotion) du sujet et ses relations humaines, ainsi que sa perception de soi et son sens de la réalité, qui diminuent sa capacité d'adaptation à la vie sociale. La « discordance » ou dissociation mentale observée chez les schizophrènes se manifeste par le fait que le sujet éprouve des sentiments contradictoires à l'égard du même objet, mais n'implique pas le dédoublement de la personnalité, qui caractérise plutôt les troubles de la personnalité multiple. 6 TROUBLES AFFECTIFSOn appelle de ce nom les troubles dont le symptôme prédominant est une détérioration de l'humeur. Une des formes en est la dépression, caractérisée par la tristesse, les sentiments de culpabilité, d'impuissance et de désespoir. Dans la manie, l'humeur est exaltée, exubérante, changeante ou irritable. 7 DÉLIRE CHRONIQUE (PARANOÏDE)Le trait central du délire chronique est la croyance ferme en une idée fausse et la conviction de l'individu qu'il est persécuté et victime d'un complot. Une autre forme de délire paranoïaque est le délire passionnel, qui consiste en une jalousie irraisonnée et exagérée. L'individu peut être en proie au ressentiment, coléreux, parfois violent, socialement isolé, solitaire et excentrique. Les troubles apparaissent généralement vers le milieu de la vie adulte ou un peu plus tard et peuvent perturber gravement les relations sociales et conjugales du sujet. 8 L'ANXIÉTÉL'anxiété est le symptôme prédominant de deux états, à savoir le « trouble panique » et les troubles d'anxiété généralisés. Dans les phobies et les troubles obsessionnels-compulsifs, considérés aussi comme des troubles de l'anxiété, l'individu a peur lorsqu'il essaie de surmonter d'autres symptômes. Une phobie est une peur irrationnelle devant un objet, une activité ou une situation donnés et qui est considérée par les spécialistes comme un trouble lorsqu'elle en affecte la vie quotidienne du sujet. Le thème phobique le plus gênant est l'agoraphobie, la peur des espaces libres. Le problème phobique le plus fréquent chez les patients qui recherchent une aide psychiatrique est la peur de quitter leur foyer sans aucune raison. Les obsessions sont des pensées, des représentations, des idées ou des impulsions répétitives qui n'ont aucun sens aux yeux de l'individu, qui peut, par exemple, craindre d'être incapable d'éviter de commettre un acte violent ou qui vérifie la réalisation de tâches minimes. Les compulsions sont des comportements répétitifs qui visent à conjurer quelque événement futur. Une compulsion peut, par exemple, consister à se laver sans cesse les mains ou à compter et recompter ses possessions ou d'autres objets. 9 AUTRES TROUBLES NÉVROTIQUESOutre la dépression névrotique et les troubles de l'anxiété, les autres états qui ont été considérés comme névrotiques à travers l'histoire comprennent l'hystérie, les réactions de conversion, la douleur psychogène, l'hypocondrie et les troubles dissociatifs. Certains troubles sont caractérisés par des symptômes physiques en l'absence de toute cause physique. Dans l'hystérie, les affections se présentent de façon spectaculaire bien que vague ; elles apparaissent généralement au cours des dix premières années et se poursuivent à l'âge adulte. L'hystérie est beaucoup plus souvent diagnostiquée chez les femmes que chez les hommes. Les rares troubles de conversion (névrose hystérique) imitent ordinairement une maladie neurologique comme la paralysie. La douleur psychogène est une douleur sans cause physique apparente. Dans l'hypocondrie, le patient est préoccupé par la crainte de la maladie. Au nombre des troubles dissociatifs figurent une forme d'amnésie, qui tient apparemment à des causes psychologiques, et la personnalité multiple, état rare où deux personnalités distinctes ou plus coexistent chez la même personne. Les NévrosesNévrose, terme désignant une pluralité de troubles psychologiques également appelés psychonévroses, que l'on attribuait à l'origine à des perturbations neuronales et dont on pense aujourd'hui qu'ils sont d'origine psychique ou émotionnelle. Les névroses sont caractérisées par l'anxiété, la tristesse et un comportement inadapté.Cependant, les troubles névrotiques ne sont généralement pas assez graves pour empêcher le patient de s'intégrer dans la vie sociale, contrairement à la psychose, qui nécessite habituellement une hospitalisation. Chaque névrose est aujourd'hui classée selon ses symptômes propres. La classification proposée par de récents manuels de diagnostic et de statistique des troubles mentaux ne comprend plus la névrose, bien que les états antérieurement considérés comme relevant des névroses y soient décrits. TROUBLES D'ANXIÉTÉ GÉNÉRALISÉSOn appelle « troubles d'anxiété généralisés » un état de malaise ou d'appréhension presque permanent et une réaction excessive à des stress légers qui n'affecteraient pas une personne équilibrée. TROUBLE PANIQUELes accès de panique qui le caractérisent et qui se produisent également dans les troubles d'anxiété généralisés, sont des épisodes d'appréhension ou de peur aiguë accompagnée de symptômes physiques : palpitations, sudation excessive, oppression, tremblement musculaire, nausées et évanouissement. La personne en proie à une attaque de panique peut avoir l'impression qu'elle va mourir. PHOBIESUn individu qui réagit par une peur non raisonnée à un stimulus (un certain objet par exemple) ou à une situation qui n'est habituellement pas considérée comme particulièrement dangereuse est réputé avoir une phobie. En fait, pour qu'il y ait un diagnostic de phobie, il faut qu'elle soit assez grave pour perturber la vie quotidienne. L'intensité de la réaction au stimulus générateur de phobie va du malaise à la panique. Le sujet est souvent conscient de l'irrationalité de sa peur, tout en étant incapable de contrôler celle-ci. Une phobie simple est une phobie portant sur une seule chose, par exemple les araignées. On peut avoir plusieurs phobies simples. Certaines phobies sont relatives à des situations sociales, comme la peur de bégayer en parlant à un étranger, même si cela ne se produit jamais en réalité. L'agoraphobie, ou peur des lieux publics (étymologiquement, « peur de se trouver sur la place du marché »), est probablement la phobie la plus handicapante, puisque dans sa forme extrême elle peut empêcher le sujet de quitter son domicile. TROUBLE OBSESSIONNEL COMPULSIFCe trouble désigne l'intrusion persistante de pensées que le sujet réprouve ou d'impulsions (obsessions) et de tendances impératives (compulsions) à accomplir certaines actions ou rituels qui réduisent l'anxiété. Ces deux caractéristiques sont presque toujours présentes dans le trouble obsessionnel compulsif. Par exemple, un sujet peut être obsédé par l'idée que sa maison va être cambriolée et sa famille attaquée, et vérifier sans cesse que portes et fenêtres sont fermées. Les compulsions les plus courantes consistent à vérifier et à laver, souvent plusieurs centaines de fois par jour. TROUBLE D'ANGOISSE DE SÉPARATIONCe type de trouble, qui apparaît dans l'enfance, consiste dans la peur irrationnelle d'être séparé d'un des parents. Souvent, les personnes qui sont agoraphobes dans la vie adulte ont souffert d'angoisse de séparation dans l'enfance. TROUBLE DE STRESS POST-TRAUMATIQUECe terme fut forgé au lendemain de la guerre du Viêt Nam pour décrire les symptômes psychologiques présentés par les anciens combattants à leur retour. Les soldats de la Première Guerre mondiale étaient réputés « commotionnés », et ceux de la Seconde Guerre mondiale souffrir de troubles mentaux causés par la tension éprouvée dans les situations de guerre. Le trouble de stress post-traumatique peut cependant désigner des symptômes consécutifs à d'autres types de catastrophe, comme les accidents d'avion ou les catastrophes naturelles. Les symptômes englobent la tendance à revivre indéfiniment la situation traumatique, des troubles du sommeil incluant cauchemars et insomnies, l'anxiété, un détachement par rapport au monde extérieur et un désintérêt pour les activités antérieures. PERSONNALITÉ MULTIPLETrouble extrêmement rare, dans lequel deux personnalités ou plus coexistent dans la même personne. Souvent, une personnalité n'a pas conscience des événements en cours quand l'autre personnalité domine, ce qui conduit à des périodes d'amnésie. Ce trouble fait suite à une enfance marquée par des traumatismes graves. TRAITEMENT DES NÉVROSESLa plupart des névroses sont traitées au moyen de la psychanalyse ou d'autres formes de psychothérapie. Elles peuvent également être traitées par la thérapie comportementale, par l'hypnose ou l'administration de psychotropes. Certaines névroses se laissent très bien traiter, leur effet perturbant pouvant être considérablement réduit. hallucination hallucination, perception fausse par un des cinq sens en l'absence de toute stimulation sensorielle correspondante, par exemple perception visuelle d'un objet non existant. Les hallucinations peuvent se produire dans l'état intermédiaire entre la veille et le sommeil, dans le délire, le delirium tremens ou l'épuisement. Elles peuvent également être provoquées sous hypnose. Le sens de la vue est affecté dans la plupart des cas. Les hallucinations persistantes sont un trait caractéristique de la schizophrénie. Dans une forme de schizophrénie, les sujets croient entendre des voix les accusant ou leur donnant des ordres, auxquels ils répondent par la panique, par une soumission ou par des atteintes à leur propre sécurité, voire par le suicide. L'hallucination, qui diffère de l'illusion — la perception fausse d'un stimulus réel — est courante lors de la consommation de certaines drogues comme la mescaline, la marijuana et l'acide lysergique diéthylamide (LSD). Illusions et hallucinations peuvent l'une et l'autre être provoquées par les stupéfiants. Mesmer, Franz Anton Mesmer, Franz Anton (1734-1815), médecin allemand connu pour son utilisation d'un état de transe appelé mesmérisme pour le traitement des maladies. Né à Iznang près de Constance en Allemagne, Mesmer fit ses études à l'université de Vienne. Vers 1772 il affirma l'existence d'un pouvoir semblable au magnétisme et capable d'exercer une influence extraordinaire sur l'organisme humain. Il l'appela « magnétisme animal » et, en 1775, publia une description de sa découverte et prétendit qu'elle avait des vertus médicinales. Mesmer réussit à guérir des patients avec son nouveau système qu'il introduisit à Paris. Sa technique fut acceptée par certains membres de la profession médicale. En 1785, le gouvernement français fut conduit à nommer une commission d'enquête composée de médecins et de scientifiques mais le rapport de la commission fut défavorable à la théorie de Mesmer. Ce dernier tomba alors en disgrâce et passa le reste de sa vie dans l'oubli. Depuis, le mesmérisme est passé du domaine du charlatanisme à celui de la recherche scientifique : la transe mesmérienne est aujourd'hui identifiée à l'hypnose et sa valeur dans le traitement de certaines affections médicales est largement reconnue. névroses traumatiques névroses traumatiques, névrose connue sous le nom de névrose de guerre ou névrose d’effroi — souvent méconnue et assimilée à des états réactionnels ou à des états anxieux succédant à un événement —, caractérisée par le syndrome de répétition, syndrome spécifique à la névrose traumatique, et par une réorganisation caractéristique de la personnalité. Après un temps de latence de quelques jours, faisant suite à la survenue brutale d’un événement — marqué parfois par une distraction ou une apparente absence du sujet — apparaît le syndrome de répétition dont le signe central est l’apparition de rêves ou de cauchemars de répétition : la personne rêve quotidiennement, hebdomadairement ou de manière plus espacée, la scène traumatisante, qu’elle soit reproduite fidèlement ou d’une façon plus maquillée. Ces rêves sont vécus, c’est-à-dire accompagnés de gestes ou même de cris. Ces rêves peuvent être accompagnés de fantasmes de répétitions, de ruminations, de réactions de sursauts aux moindres stimuli ainsi que de décharges émotives et agressives. Entourant ce syndrome, une symptomatologie non spécifique peut éclore : état anxieux, phobies, crises hystériques, apparition de symptômes obsessionnels en relation avec la personnalité antérieure du sujet. Des symptômes psychosomatiques variés peuvent aussi émerger dans n’importe quelle partie du corps. Une réorganisation de la personnalité s’observe progressivement. Elle se définit par une régression infantile avec inhibition, dépendance à autrui et attitude de revendication. L’inhibition se traduit par un ralentissement ou un arrêt de l’activité mentale, physique et sexuelle associée à une attitude narcissique dans laquelle le sujet cherche une sécurisation et une dépendance vis-à-vis des personnages qu’il considère comme importants et valorisants : milieu social, médical et familial. Contrastant avec cette dépendance, une agressivité peut survenir autour d’une revendication, d’une réhabilitation, d’une recherche d’autonomie et de considération. Non traitée, la névrose traumatique peut amener à un état d’invalidité. Le traitement est prophylactique. Pendant la phase de latence, des entretiens psychothérapiques permettent la verbalisation et l’objectivation du traumatisme évitant son intégration solitaire incontrôlée. Dans le cas de la névrose avérée, des techniques psychothérapiques de reviviscence de l’événement (abréaction) soulagent le malade. Entretiens ab réactifs, psychodrame, hypnose, soutien médicamenteux permettent à celui-ci de « digérer » l’événement. En fin de traitement, une psychothérapie de soutien est souvent indiquée pour consolider la sédation des troubles. 10 TROUBLES DE LA PERSONNALITÉContrairement au caractère assez épisodique des troubles psychotiques et névrotiques, les troubles de la personnalité durent toute la vie et concernent des traits de personnalité si rigides et inadaptés qu'ils perturbent la vie sociale et professionnelle et peuvent être source de détresse pour les autres sinon pour les intéressés eux-mêmes. La personnalité paranoïaque est excessivement méfiante et suspicieuse. Les personnalités schizoïdes sont dépourvues de la capacité ou du désir d'aimer et de nouer des relations sociales. Les troubles schizo types sont caractérisés par une pensée, un langage, une perception et un comportement bizarres. Les personnalités histrioniques se distinguent par un comportement et une expression excessivement théâtraux. La suffisance et le besoin d'être constamment objet d'attention et d'admiration sont les caractéristiques des personnalités narcissiques. Les personnalités antisociales violent les droits des autres et omettent d'observer les normes sociales. Les troubles de la personnalité « borderline » (en état limite) sont caractérisés par une instabilité du comportement envers autrui, de l'humeur et de l'image de soi. Une personne ayant des troubles de personnalité fuyante est extrêmement sensible au rejet potentiel, à l'humiliation ou à la honte. La personnalité dépendante est passive, elle renonce à toute responsabilité. Les personnalités compulsives sont perfectionnistes et incapables d'exprimer des sentiments chaleureux. La personnalité passive-agressive s'oppose de manière indirecte à toute demande qui lui est adressée, en recourant à des manœuvres comme la procrastination. 11 INCIDENCE ET RÉPARTITIONIl est impossible de déterminer avec exactitude le nombre de personnes souffrant de troubles mentaux. Les dossiers d'admission dans les institutions psychiatriques sont un indice, mais ils ne comprennent pas tous ceux qui ne recherchent pas un traitement. En France, près de 73 000 patients souffrant de troubles mentaux ont été hospitalisés en 1991. Le risque de devenir schizophrène pendant la vie est de 1 p. 100, alors qu'il est de 1 p. 10 pour la dépression. Un facteur inquiétant est l'augmentation du nombre de troubles organiques du cerveau chez les personnes âgées. La Psychothérapie1 PRÉSENTATIONPsychothérapie, traitement, au moyen de procédés psychologiques, de la souffrance psychique de l'individu, qu'elle soit momentanée ou non, qu'elle se manifeste par un trouble psychosomatique, une difficulté d'adaptation ou une maladie mentale. La psychothérapie diffère de l'assistance informelle que chacun peut recevoir d'autrui. Elle est tout d'abord menée par un psychothérapeute qui a reçu une formation spéciale et qui a ainsi une pratique patiente de l'écoute du sujet. La psychothérapie est ensuite encadrée par des théories sur les causes des troubles et les méthodes permettant de les soulager. La communication étant le premier moyen de guérison dans la plupart des formes de psychothérapie, la relation entre le thérapeute et le patient est bien plus importante que dans les autres traitements médicaux. L'utilisation de moyens psychologiques pour remédier aux troubles mentaux et émotionnels est ancienne ; elle a longtemps pris la forme de procédés magiques d'inspiration religieuse. Les premières tentatives de rationalisation de la pratique psychothérapeutique datent de la fin du XVIIIe siècle, lorsque le médecin autrichien Franz Anton Mesmer utilisa une forme de suggestion appelée le magnétisme animal. À la fin du XIXe siècle, l'hypnose connut son heure de gloire comme moyen de suggestion dans le traitement de certains dérèglements psychologiques, sous l'influence du neurologue français Jean Martin Charcot à l'hôpital de la Salpêtrière, à Paris. 2 LA PSYCHOTHÉRAPIE PSYCHANALYTIQUELes démonstrations par Charcot des valeurs thérapeutiques de l'hypnose furent réutilisées par Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse, qui détourna l'état hypnotique de sa fonction de suggestion et l'employa pour aider ses patients névrotiques à retrouver les souvenirs pénibles qu'ils avaient refoulés. Cette technique lui permit d'aider ses patients, mais aussi de rassembler les éléments fondamentaux de la théorie psychanalytique en postulant l'existence d'un inconscient psychique, qui constitue le champ d'investigation de la psychanalyse. Freud pensait que le développement d'une personne comporte des pulsions sexuelles et des pulsions d'agression que le sujet ne peut pas tolérer et qui sont rejetées de la conscience. Ces représentations psychiques des pulsions sont refoulées (elles sont inconscientes), mais cherchent constamment un exutoire ; elles peuvent se manifester comme symptômes d'une névrose. Selon Freud, la meilleure preuve de l'existence du processus de refoulement est la résistance que le malade oppose au surgissement des souvenirs douloureux qui permettent d'éclairer les causes des névroses, ces dernières ayant leur source dans l'enfance. Freud pensait que ces symptômes pouvaient en effet disparaître si on amenait au niveau conscient les émotions et les fantasmes refoulés. Il utilisa d'abord l'hypnose comme moyen d'accès à l'inconscient, puis lui préféra la technique dite de la libre association : le patient exprime tout ce qui lui vient à l'esprit au sujet de ses rêves, de ses fantasmes ou de ses souvenirs. Il accorda par la suite une grande valeur au transfert, c'est-à-dire à la réponse émotionnelle du sujet au thérapeute. Le transfert représente, selon Freud, les sentiments antérieurs du patient envers les membres de sa famille. L'association libre et la réaction de transfert constituent le pivot des séances de psychanalyse freudienne, qui peuvent se dérouler de trois à cinq fois par semaine. 3 ÉCOLES PSYCHANALYTIQUESLes meilleurs disciples de Freud s'opposèrent à lui sur des points importants de la théorie et de la technique thérapeutique et fondèrent leurs propres écoles. Une école influente fut celle du psychiatre suisse Carl Gustav Jung, selon qui Freud avait exagéré l'importance des instincts sexuels en tant que moteur du comportement. Jung pensait que l'individu doit aussi réaliser ses potentiels non sexuels, sous peine de névrose. Les thérapeutes jungiens aident leurs patients à prendre conscience de leurs ressources intrinsèques de développement et de leurs capacités à traiter les conflits. Les rêves et l'art permettent d'exprimer les associations du patient avec les images inconscientes qui, selon Jung, sont partagées par chacun. Le psychologue et psychiatre autrichien Alfred Adler fut un autre élève de Freud qui rompit avec le maître. Lui aussi remit en question la place prépondérante accordée à la sexualité dans la théorie freudienne. Il développa l'idée du sentiment d'infériorité dont tous les enfants souffrent parce qu'ils sont petits et sans défense et théorisa le complexe d'infériorité. Pour Adler, les troubles psychologiques proviennent d'une manière de vivre inadéquate, qui recouvre des opinions et des objectifs erronés et un intérêt social sous-développé. Le travail du thérapeute consiste dès lors à rééduquer le patient, à lui faire prendre conscience de ses erreurs et à l'encourager à développer son intérêt social. Quelques élèves de Freud, notamment Erich Fromm, Karen Horney et Erik Erikson élaborèrent une théorie des névroses qui insistait sur le rôle des influences sociales et culturelles sur la formation de la personnalité. Tous trois quittèrent l'Allemagne nazie dans les années 1930 et contribuèrent à implanter la psychanalyse aux États-Unis. Fromm pensait que le problème fondamental de tout humain est une sensation d'isolement provoquée par la séparation de la mère. Pour lui, le but de la vie et de la thérapie est de s'orienter, de planter ses propres racines, et de trouver la sécurité en s'unissant aux autres tout en gardant son individualité. K. Horney estimait que les névroses proviennent d'une anxiété fondamentale due à un manque d'amour et de respect dans l'enfance. Un enfant ayant souffert de telles circonstances développe des mécanismes d'hostilité refoulés envers autrui. Le comportement névrotique bloque les capacités de l'individu à vivre une croissance saine et à s'adapter aux changements. La thérapie doit alors dissiper l'illusion que le patient nourrit sur ses blocages de défense, c'est-à-dire les identifier et les éclairer, puis l'aider à mobiliser sa force constructive naturelle pour mener les changements à bien. Erikson soutenait, comme Horney, que les humains sont capables de progresser toute leur vie. Le moi de l'individu est responsable de ces changements ; il a besoin d'un environnement convenable pour se développer correctement. À défaut, la thérapie peut apporter au patient la confiance nécessaire à un moi sain. Au début de sa carrière, Erikson était analyste pour enfants et se distinguait des psychanalystes traditionnels en travaillant avec la famille du patient. 4 PSYCHOTHÉRAPIE DE L'ENFANTLa psychothérapie d'enfants, développée à l'origine par Anna Freud et Mélanie Klein, utilise les mêmes cadres de référence que celle des adultes, le thérapeute devant cependant constamment garder à l'esprit le stade de développement de son patient. Les techniques de communication sont différentes dans la thérapie pour enfants : le jeu y devient un des éléments importants du discours qui se met en place. En France, des psychanalystes comme Françoise Dolto et Maud Mannoni ont contribué, avec leurs nombreux ouvrages, à populariser la psychanalyse d'enfants. 5 LES PSYCHOTHÉRAPIES HUMANISTESS'appuyant sur des conceptions optimistes de la nature humaine, les thérapies humanistes créditent l'homme d'un potentiel de bonté. Le psychologue américain Carl Rogers élabora la psychothérapie « centrée sur le client ». Rogers pensait que les organismes humains ont une tendance innée à se maintenir et à s'améliorer ; cette tendance les pousse vers le progrès, la maturité et l'enrichissement de la vie. Chaque personne est capable de se comprendre et de mener des changements constructifs. Le potentiel peut être découvert avec l'aide d'un thérapeute. Rogers attachait plus d'importance aux attitudes du thérapeute qu'à sa formation technique ou à son talent ; il préférait le terme de « client » à celui de « patient » pour indiquer que le traitement n'était ni manipulatoire, ni de nature médicale. La psychothérapie dite non-directive de Carl Rogers prône la neutralité ou la non-intervention du thérapeute, qui doit se contenter d'écouter le patient. Pour Rogers, le traitement consiste à favoriser la reproduction des attitudes du thérapeute par le client. L'écoute du thérapeute permet au client de prêter attention à des pensées et des sentiments de plus en plus effrayants, jusqu'à l'atteinte d'un niveau d'acceptation de soi permettant les changements et les progrès. La gestalt-thérapie La gestalt-thérapie est une autre approche humaniste qui fut développée par l'Allemand Frederick S. Perls. Psychanalyste de formation, Perls pensait que la civilisation moderne produit immanquablement des névroses, parce qu'elle oblige les gens à refouler leurs désirs naturels ; elle contrarie une tendance profonde de l'homme à ajuster sa biologie et sa psychologie à l'environnement et provoque des névroses d'angoisse. Les soins passent alors par le rappel à la conscience des besoins insatisfaits. Perls élabora une thérapie corporelle et proposa notamment au patient des exercices d'amélioration de la perception des émotions, de l'état physique et des besoins réprimés. La gestalt-thérapie est une thérapie individuelle ou de groupe, qui comporte généralement une séance hebdomadaire sur une période qui peut aller jusqu'à deux ans. Contrairement à la plupart des thérapies proches de la psychanalyse, la thérapie proposée par le behaviorisme ne repose pas sur une théorie des névroses. Elle est plutôt une application de méthodes de la psychologie expérimentale aux problèmes du patient. Les thérapeutes sont souvent des psychologues ; ils ne s'intéressent pas directement aux forces psychologiques sous-jacentes mais au comportement qui engendre le malaise du sujet. Pour eux, tous les types de comportement, normaux ou inadaptés, sont appris en fonction de principes bien précis, qui ont été étudiés en détail, notamment par le Russe Ivan Pavlov et par l'Américain Burrhus Frederic Skinner. Les thérapeutes behavioristes pensent qu'on peut utiliser ces principes de conditionnement et de déconditionnement pour corriger les comportements dont on souffre.Dans tous les cas, les thérapeutes comportementaux débutent le traitement en recherchant toutes les informations disponibles sur le problème du patient et les circonstances de son apparition. Ils ne cherchent pas à en déduire des causes ou des significations cachées ; ils s'intéressent surtout aux phénomènes observables et mesurables. Cette analyse comportementale leur permet de formuler des hypothèses sur les circonstances qui génèrent et entretiennent le problème ; ils peuvent alors commencer à modifier ces circonstances une à une, tout en observant les modifications du comportement du patient. La désensibilisation systématique est l'une des plus anciennes et l'une des plus fréquentes des nombreuses techniques employées par les thérapeutes behavioristes. Cette méthode fut développée par le psychiatre sud-africain Joseph Wolpe. Destinée à traiter les symptômes d'angoisse profonde, elle apprend au patient à se détendre et à approcher progressivement des situations ou des objets qui l'effraient. 6.2 Les approches cognitives Les thérapeutes comportementaux accordent depuis peu une attention nouvelle à l'influence de la pensée sur le comportement, sous l'influence de chercheurs comme le psychologue américain Albert Bandura. La thérapie cognitive utilise l'approche behavioriste pour modifier les croyances et les habitudes de pensée qui paraissent être la cause du malaise du sujet. Selon le psychologue américain Albert Ellis, les désordres émotionnels proviennent de croyances irrationnelles et de pensées illogiques. Lorsqu'il traite ses patients, il les confronte à ce qu'il considère être leur « irrationalité » et les encourage à la remplacer par des pensées et des émotions plus rationnelles. Le psychologue américain Aaron T. Becks a développé une technique semblable. Les approches comportementales et cognitives paraissent parfois n'être que des versions enrichies de l'autosuggestion préconisée par le psychothérapeute Émile Coué. Néanmoins on doit à l'approche cognitive une mise en perspective radicalement nouvelle et prometteuse de l'autisme. 6 la Thérapie de groupeLa psychothérapie de groupe présente l'avantage d'être moins coûteuse que la thérapie individuelle ; par ailleurs, elle a la vertu de démontrer au patient que son problème n'est pas unique. On considère que les principaux changements et progrès observés en thérapie de groupe proviennent des interactions entre les membres du groupe ; le thérapeute est chargé d'encourager ces interactions et de les contrôler. La thérapie de groupe est apparue en Europe et aux États-Unis au début du XXe siècle. En Europe, le psychiatre Jacob L. Moreno fut le premier à l'utiliser. Il amenait ses patients à améliorer la prise de conscience de leurs problèmes en leur faisant jouer leur propre rôle. Le « psychodrame » de Moreno s'est répandu dans le monde entier ; il est utilisé pour le traitement des patients névrosés et psychotiques et pour la formation de praticiens du domaine psychiatrique. On emploie aujourd'hui de multiples formes de psychothérapie de groupe, qui connaissent les mêmes orientations théoriques que les thérapies individuelles. Des thérapeutes voient leurs patients individuellement et en groupe. La thérapie familiale est une application particulière des thérapies de groupe. Dès les années 1930, Adler travailla avec des familles, mais il fallut attendre le début des années 1950 pour que d'autres thérapeutes commencent à traiter les familles plutôt que les individus. Ce mouvement thérapeutique part du principe que les relations familiales habituelles affectent profondément les problèmes psychologiques d'un membre de la famille, qui les influencent en retour. Plutôt que d'explorer les conflits internes des individus, les thérapeutes familiaux s'efforcent de promouvoir les interactions entre les membres de la famille, essayant d'améliorer ainsi le bien-être de chacun. 7 PSYCHOTHÉRAPIES BRÈVES ET INTERVENTIONS DE CRISELes psychothérapies brèves ont été développées pour proposer des thérapies d'une durée plus limitée que celle de la cure type et pour répondre à de situations de crise. Les individus sont en effet plus susceptibles de changer, en bien ou en mal, lors d'une période critique de la vie, telle que le décès d'un proche. Une intervention peut alors les aider à surmonter la crise, voire les aider à devenir plus forts psychologiquement qu'ils ne l'étaient avant la crise. On peut envisager deux types de psychothérapie brève. Le premier s'attache à supprimer l'angoisse et recourt à des techniques de soutien telles que le renforcement de la confiance, la suggestion, la manipulation de l'environnement et les médicaments. Le second utilise des techniques qui provoquent l'anxiété, afin de perturber les défenses névrotiques habituelles du patient et de permettre des changements. La psychanalyse elle-même est une technique génératrice d'angoisse ; aussi les premières thérapies conduites par Freud duraient-elles moins d'un an. 8 LA FORMATION DU THÉRAPEUTELes psychothérapeutes proviennent souvent du milieu médical, de la psychologie et du secteur social. Leurs formations sont très dissemblables, bien que leurs pratiques cliniques concrètes puissent être assez proches. Les psychiatres sont des médecins. Dans de nombreux pays, ils suivent la filière d'études médicales pendant plusieurs années, puis suivent une formation clinique. Ils sont ensuite formés en psychiatrie pendant une période de stage d'environ trois ans. Les futurs psychanalystes doivent faire une analyse personnelle avant de pouvoir exercer en tant qu'analystes. Les psychologues doivent normalement détenir un doctorat en psychologie clinique et suivre un an de pratique thérapeutique, sous supervision, avant de pouvoir exercer. Les travailleurs sociaux se spécialisent en santé mentale et passent une maîtrise ou un doctorat avant de pratiquer. À l'instar des psychanalystes, certains psychologues et travailleurs sociaux poursuivent leur formation dans des instituts consacrés à une école particulière de psychothérapie, et nombre d'entre eux entrent également en thérapie. Les infirmiers et infirmières psychiatriques ont généralement un diplôme de maîtrise et exercent principalement en milieu hospitalier. 9 ÉVALUATIONLes différents types de psychothérapie poursuivent des buts différents, de l'ambition psychanalytique de modification de la structure profonde de la personnalité et de traitement des dilemmes existentiels à la visée plus pratique du thérapeute behavioriste qui cherche seulement à faire disparaître des symptômes pénibles. On doit donc évaluer chacune des méthodes de traitement par rapport aux objectifs qu'elle s'assigne. La disparition d'un symptôme est plus visible que les résultats plus étendus et plus profonds d'une psychanalyse. Les thérapies behavioristes et les autres thérapies directives et limitées peuvent fournir des preuves d'une validité scientifique supérieure à celles de la psychanalyse et des méthodes proches. On a essayé de remplacer les études de cas, autrefois utilisées comme témoignages des succès d'une méthode, par la méthodologie appliquée lors de l'évaluation d'un nouveau médicament. Cette méthode compare une sous-population de patients bénéficiant d'une version standard du traitement à d'autres patients qui reçoivent un autre traitement. Ces études permettent de déterminer quel traitement est le mieux adapté à un type de patient particulier. Ce degré de spécificité est resté jusque-là hors de portée des chercheurs, à une exception près : la thérapie behavioriste semble particulièrement adaptée au traitement des manies. catharsis catharsis (du grec katharsis, « purification »), en psychologie, terme appliqué depuis 1895 à la libération thérapeutique d'émotions responsables de tensions ou d'anxiété. Lors de leurs premiers travaux sur l'hystérie, Sigmund Freud et Josef Breuer traitèrent des patients par hypnose ; certains purent ainsi revivre des conflits refoulés ou des incidents à l'origine d'émotions. La conscientisation de ces expériences permit à ces patients de relâcher ces tensions et de faire reculer les symptômes de leur affection ; Freud dénomma cette méthode la « thérapie cathartique ». Par la suite, il obtint les mêmes effets en utilisant avec ses patients la méthode de la libre association, ou associationnisme. La méthode cathartique requiert toujours d'amener les émotions refoulées à un niveau de conscience. Si le fait de s'ouvrir à des personnes de confiance peut apporter un soulagement temporaire, l'élimination durable de l'angoisse ne peut être obtenue que par une catharsis conduite par un thérapeute. |
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